Cultivateur


Définition de l'Académie française (éd. 1986)


XII e siècle, cultivedur ; XV e siècle, cultivateur. Dérivé de cultiver.
1. Personne qui cultive la terre, qui exploite un domaine agricole. Les petits s. Il est le fils d'un riche . Cette région manque de s. Un peuple de s et, adjt., un peuple .
2. N. m. Machine aratoire munie de dents et destinée aux façons superficielles.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)


Celui, celle qui cultive la terre ou qui exploite une terre, un domaine. "Ce pays manque de s. Il est fils d'un riche ." Adjectivement, "Les peuples s."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Celui qui cultive la terre ou un certain produit de la terre. Un riche . Un de lin, de trèfle.
CONDORCET: « L'agriculture ne peut se perfectionner que lorsque des propriétaires riches, devenus s, s'occuperont des progrès de l'art par curiosité, par intérêt, par ce sentiment naturel qui attache l'homme à l'objet de ses travaux »
ST-LAMBERT: « Sages s, dans vos humbles asiles Vos hivers sont remplis, vos loisirs sont utiles »
BARTHÉL.: « Un sage doit dépenser ses moments avec la même économie que ses revenus »
A. CHÉN.: « Nouveau , armé d'un aiguillon, L'Amour guide le soc et trace le sillon ; Il presse sous le joug les taureaux qu'il enchaîne ; Son bras porte le grain qu'il sème dans la plaine »
    Dans certaines provinces, celui qui est à la tête d'une exploitation agricole.
    Au féminin, cultivatrice.
     Journ. des Débats, 2 déc. 1860: Dans un village habite une demoiselle L.... cultivatrice, âgée de 74 ans
    Adj. Les peuples s.
RAYNAL: « Le premier fondement d'une société cultivatrice ou commerçante est la propriété »
DELILLE: « Le fer et le bronze qui tonne »

 2   S. m. Cultivateur, charrue légère, remplaçant la houe dans les binages, employé conséquemment dans la culture des plantes en lignes, et caractérisé par l'existence du versoir.
    Nom donné aussi, dans la pratique, aux binoirs, aux buttoirs, aux houes à cheval, aux ratissoirs, aux scarificateurs, aux extirpateurs, qui remplacent dans quelques circonstances le proprement dit.

REMARQUE
    Cultivateur n'est, dans le Dictionnaire de l'Académie, qu'à partir de l'édition de 1762. Mais c'était un mot tombé en désuétude ; car il est dans les plus anciens textes de la langue.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Liber psalm. f° 155: À tei dunrai la terre de Chanaan ; cum il esteient de petit numbre, e très poi [peu] li cultivedur de li [elle]
     ib. p. 156: E Jacob cultivere fud en la terre de Cham
    XIVème siècle
ORESME: « Aus s et laboureurs de terre. - Les cultiveurs des terres et les pasteurs »
    XVème siècle
JUVÉN. DES URSINS: « Cultivateur de paix [celui qui aime la paix] »
    XVIème siècle
DU BELLAY: « Au moyen de l'industrie et diligence des s d'icelle [langue française] »

ÉTYMOLOGIE
    Cultiver ; provenç. cultivaire, coltivador ; espagn. coltivador ; ital. coltivatore. Le provençal cultivaire et le vieux français cultivere sont le nominatif singulier ; le provençal coltivador et le vieux français cultivedur sont le régime singulier ; au pluriel, le nominatif est cultivedur, et le régime cultivedurs. Cultivedur ou cultivedor s'est changé en cultiveur ; et est plus récent et tiré directement de cultiver ; cultiveur était plus court et plus logique.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Celui qui cultive la terre, ou qui exploite une terre, un domaine. "Ce pays manque de s. Il est fils d'un riche ."
Il s'emploie quelquefois adjectivement. "Les peuples s."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Qui cultive la terre. "Ce pays manque decultivateurs".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Qui cultive la terre. "Ce pays manque de s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

CULTIVER, v. act. CULTûRE, s. f. [2e lon. au dern. 3e "é" fer. au 2d, "e" muet au dern.] "Cultiver", c'est doner les façons nécessaires à la terre, pour la rendre plus fertile. "cultûre", ce sont ces façons donées à la terre. "Cultivateur", celui qui cultive la terre. '"Cultiver un" jardin, "les" vignes, "les" plantes. "Cultiver des" fleurs, etc. "La cultûre de" la terre, "des" vignes, "des" fleurs. 'Ce pays manque de "Cultivateurs".
   "Rem." 1°. Dans le Dict de "Trév." (en 1704) on dit que "cultivateur" est un mot bien suspect et qu' on ne l'a point trouvé ailleurs que dans la phrâse qu'on cite. Il est aujourd'hui très-bien établi. L'"Acad." le met sans remarque. On l'emploie quelquefois adjectivement: un peuple "cultivateur". "Raynal" a dit aussi, société "cultivatrice:" c' est un néologisme.
   2°. "Cultivateur" ne se dit qu'au propre: "cultiver" et "cultûre" se disent aussi au figuré. '"Cultiver les" Sciences, "les" Arts; "cultiver l'"esprit, "la" mémoire; "cultiver l'amitié de" quelqu'un. 'C'est un homme "qu'"il vous faut "cultiver": il faut ménager et entretenir sa bienveillance. '"La cultûre des" Sciences, "des" Arts; la "cultûre de" l'esprit. = "Remarquez" pourtant que le substantif n'a pas un emploi aussi étendu que le verbe. Quoiqu'on dise "cultiver sa" raison, "son" esprit, on ne dit pas, "la cultûre de sa" raison, "de son" esprit. "Réflex." On dit seulement, dans un sens indéfini, "la cultûre de" l'esprit, "de la" raison, mais on ne s'en sert pas avec les pronoms possessifs, "son", "sa", "leur". = L'usage du verbe lui-même a des bornes; et quoiqu'on dise "cultiver son" esprit, "sa" raison, on ne dit pas, "se cultiver" soi-même. '* La passion que le Chevalier Temple avoit pour les Lettres, ne lui permettoit pas de dissimuler son mépris pour les Ministres publics, qui négligeoient de "se cultiver". = De même, quoiqu'on dise "cultiver sa raison", on ne dit pas "cultiver ses études", par la raison qu'on dit "cultiver la terre", et qu'on ne dit pas "cultiver le labourage". * 'Il sut encôre trouver des heûres de loisir pour "cultiver ses études". = On dit fort bien, "cultiver ses amis", "ses" Protecteurs; être assidu auprès d' eux. 'Il faut que vous restiez ici, pour "cultiver vos amis". MARIV.
   3°. "Cultivé" se dit aussi au "propre" et au "figuré". 'Terre bien "cultivée", esprit "cultivé"; mais le dit-on de persones mêmes? J'en doute fort. ' * On y est poli avec franchise, simple, mais "cultivé". Marm. 'Les Littérateurs "cultivés" reconoîtront dabord, dans ces maximes (de Mr. Cordemoi), des principes, qui nous ont été débités récemment comme de rares découvertes. "Sabat." Trois siècles.




Emplacement dans le dictionnaire :

culotte
culotter
culotteur
culottier
culottin
culpabilité
culte
cultisme
cultivable

cultivé
cultiver
cultuel
cultural
culture
culturel
culturellement
cumin
cuminée
cumul
cumulard




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...semences, l'autre en juin pour les récoltes. Ainsi s'explique que, dans les plaines assujetties à un tel régime, n'ait pu se nouer ce contrat qui, par un rapport quotidien de soins assidus, unit le cultivateur à la terre. La petite propriété n'a pu s'enraciner avec la ténacité nécessaire, pour peu que des périodes de guerre et de troubles se soient prolongées ; elle a été emportée par la tourmente et a...


Citation n°2 de Edmond ABOUT (Le Roi des montagnes)

...tout, espère tout, essaye de tout, triomphe de tout, se relève s'il tombe, recommence s'il échoue, ne s'arrête jamais, ne perd jamais courage, et va droit devant lui en sifflant sa chanson. Il a été cultivateur, maître d'école, homme de loi, journaliste, chercheur d'or, industriel, commerçant ; il a tout lu, tout vu, tout pratiqué et parcouru plus de la moitié du globe. Quand je fis sa connaissance, il...


Citation n°3 de Charles NODIER (Jean Sbogar)

...des plus belles, des plus riantes cultures. C'est un tableau qui appartenoit, il est vrai, à l'état de société, mais à la société du premier âge. En aucun temps, en aucun lieu, l'habitation du cultivateur n'avoit flatté mes regards d'un aspect plus agréable. Jamais mon imagination n'avoit rêvé tant de prospérité pour la demeure du villageois. Je conçus alors les rapports pleins de charmes de l'homme...


Citation n°4 de Antoine COURNOT (Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique)

...diverses dispositions des germes, combinées avec les influences accidentelles de l'atmosphère et du sol, il s'en trouve quelques-unes qui réunissent les conditions de propagation, en ce sens que le cultivateur a intérêt à les propager, de préférence aux autres qu'il sacrifie. Les individus conservés en produisent à leur tour une multitude d'autres, parmi lesquels on trie encore ceux qui, par des...


Citation n°5 de André CHÉNIER (Les Bucoliques)

...Sur des monceaux de rose au calice embaumé il dormait ; un souris sur sa bouche formé l'entr'ouvrait mollement ; et de jeunes abeilles venaient cueillir le miel de ses lèvres vermeilles. 2. Nouveau cultivateur, armé d'un aiguillon, l'amour guide le soc et trace le sillon ; il courbe sous le joug les taureaux qu'il enchaîne ; son bras porte le grain qu'il sème dans la plaine ; levant le front, il crie au...


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